• Nickel, le compte low cost qui secoue les banques

    Créé fin 2013 par une start-up, la Financière des paiements électroniques, le Compte-Nickel a déjà séduit plus de 200.000 clients. Le principe de ce compte « sans banque » ? Il suffit de 20 euros et d’une pièce d’identité pour obtenir sa carte de paiement chez l’un des 1.150 buralistes agréés. Un service qui fait mouche auprès des personnes au bord de l’exclusion bancaire.

    Arvind est Indien. Il a quarante ans, une femme, deux enfants nés en France. A Paris depuis douze ans, titulaire d’une carte de séjour résident, il habite à Sarcelles, dans la banlieue nord de la capitale, et travaille dans la restauration. Arvind a un gros problème. Sa banque l’a rangé dans la catégorie des mauvais clients car il a émis des chèques sans provision. Il est interdit de carte de crédit et ne peut retirer de l’argent de son compte courant qu’en se rendant dans son agence bancaire.

    Arnaud vient de Bretagne. Il languit à Paris depuis cinq ans, après une séparation tumultueuse et la perte de son emploi dans un abattoir. La cinquantaine, il vit d’expédients et loge chez des compagnons d’infortune. Sans travail stable ni domicile fixe, aucune chance qu’une banque lui ouvre ses portes. Alors Arnaud se débrouille comme il peut : il tond la pelouse dans les villas, est employé par une petite entreprise de déménagement et fait la manche. Jamais de fiches de paie, que de l’argent comptant.

    Marion, quarante-cinq ans, mariée avec un fils de 16 ans, encadre des travailleurs handicapés à Paris. Son salaire est modeste mais elle n’a jamais eu le moindre incident bancaire. Elle gère bien son argent. Les relations avec sa banque sont excellentes, même si elle se plaint de payer sa carte de crédit plus de 100 euros par an. Matthieu, son fils, lui demande avec insistance d’avoir un moyen électronique de paiement. Marion hésite car elle craint qu’il dépense trop sur Internet. Elle veut contrôler ses achats au plus près et en temps réel. Or, les informations sur les transactions effectuées par carte bancaire ne parviennent aux usagers que plusieurs heures plus tard…

    Aucun découvert

    C’est pour des personnes comme elles  qu’a été créé, fin 2013, le Compte-Nickel . Un compte « sans banque », proposé par une start-up, la Financière des paiements électroniques (FPE). Et qui semble avoir trouvé son public : en deux ans, ce service mis sur pied par Ryad Boulanouar, Hugues Le Bret, Michel Calmo, Pierre de Perthuis et Philippe Ramalingom a  déjà séduit plus de 200.000 clients . 

    Le principe de ce compte alternatif ? On l’ouvre en un quart d’heure chez l’un des 1.150 buralistes agréés (ils seront 2.500 fin 2016, selon leur syndicat). Il suffit de 20 euros et d’une pièce d’identité pour obtenir sa carte de paiement, qui sera activée dans la foulée. Tout retrait ou paiement est immédiatement communiqué à son détenteur par SMS. Les opérations au comptant, y compris les retraits aux distributeurs de billets, se font à des tarifs planchers. La carte en question peut être utilisée à l’étranger, dans plus de 215 pays. Seul bémol, elle ne permet aucun découvert et les paiements ne peuvent en aucun cas dépasser les sommes déposées sur le compte. Un bémol que plusieurs clients considèrent comme un atout, à l’instar de Marion, qui redoute des dépenses excessives de son fils. 

     

     


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