• Les Français toujours plus exigeants sur le contenu de leur assiette

    Le scandale de la vache folle en 1996 a été un tournant. Celui de la viande de cheval en 2013 a renforcé la suspicion. Désormais, les consommateurs français veulent savoir ce qu’ils mangent exactement. C’est ce qui ressort du baromètre* ANIA (Association nationales des Industries alimentaires) et OpinionWay publié ce mercredi et dévoilé par 20 Minutes.

    Si le prix reste le critère d’achat majeur, il continue de baisser par rapport à l’année précédente (66%, contre 73% en 2013) au profit de la composition des produits (53% contre 35%) et de la composition nutritionnelle (31% contre 27%). L’attention portée à l’origine biologique des produits alimentaires progresse elle aussi (22% contre 18%).

    La part allouée au budget alimentaire en hausse

    «Les choses ont changé en profondeur. Il y a une plus grande défiance envers la nourriture industrielle, note Christian Rémésy, nutritionniste et directeur de recherche INRA (Institut national de la recherche agronomique). On compte aujourd’hui 2 milliards d’être humains en surpoids, dont 600 millions d’obèses, alors que ce problème n’existait pas avant. Il y a une prise de conscience qu’il faut savoir faire les bons choix».

    Reflet de cette préoccupation, la part allouée au budget alimentaire a progressé depuis 2008 pour atteindre 13,5% en 2013, selon une étude du Crédoc. «C’est du jamais-vu, souligne Pascale Hébel, directrice des études consommation au Credoc. Avec la crise économique, les Français ont d’abord acheté des produits à bas prix pendant un an. Déçus par leur qualité, ils ont ensuite acheté moins mais de façon à privilégier le plaisir et la qualité».

    Plus attentifs, les consommateurs ont relevé leur niveau d’exigence. Selon le baromètre, 42% des Français interrogés souhaitent que les entreprises de l’industrie alimentaire fassent des efforts en priorité sur un étiquetage compréhensible de la valeur nutritionnelle des produits alimentaires (+8% par rapport à 2013).».

    Les plus âgés, les plus diplômés et les jeunes sont les plus concernés

    Tous les Français interrogés n’ont cependant pas le même degré d’exigence. Dans le baromètre, ce sont les plus de 65 ans qui font grimper les statistiques : 62% sont préoccupés par la composition des produits, 32% par l’origine biologique, et 81% sont prêts à payer plus cher si le produit porte un label de qualité (contre 73% en moyenne). Mais ce ne sont pas les seuls à se soucier de la qualité des aliments.

    D’après Pascale Hébel, la question préoccupe aussi les plus diplômés et les jeunes, sensibilisés depuis leur enfance par les messages que martèle le Programme national nutrition santé (PNNS), le plan de santé publique mis en place depuis 2001. En revanche, précise-t-elle, «la question de la santé alimentaire n’est pas une priorité pour les plus modestes», moins bien informés et qui pâtissent le plus d'une mauvaise alimentation. Jean-Philippe Girard, président de l'association nationale de l'industrie alimentaire, le concède : «on a un travail important à faire là-dessus pour que tout le monde ait la même offre», de qualité et à prix abordable.

    * Etude réalisée selon la méthode des quotas auprès d'un échantillon représentatif de la population natuionale de 1.006 individus âgés de 18 ans et plus.


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